
Viendez lire et relire les mots dessus abordo en écoutant une playlist spécialement choisie pour vous et qui illustre merveilleusement
mon état d'âme du moment. C'est facile, suffit de cliquer sur la tite radio verte dans la colonne de gauche. Elle s'ouvrira
dans un pop-up et hop, que voilà du son qui joue au fil des pages...C'est baowwww!....
Au lieu de cuver son vin dans le canapé, un crâne de deux tonnes avachi sur les coussins et les jambes en coton, on devrait sortir pour se ballader, pour profiter et fêter ce premier jour dignement. Il devrait y avoir de la musique partout dans les troquets, des marchés artisanaux, des animations sur les places, des cornets de frites et des barbes à papa à la fraise à chaque coin de rue, la fête quoi!!
Je peux vous dire que la seule attraction à l'initiative de la ville qui siège devant son hôtel faisait grise mine sous sa guirlande bleue et ses rengaines nique ton tek crachées pour trois patineurs venus tracer des volutes malgré ce frimas gélifiant les gencives si on a la mauvaise idée de sourire en glissant sur la glace artificielle...
Hier au soir, j'ai vu pour ma part le plus festif minuit du jour de l'an qu'il soit. Comme d'habitude, puisque le 31 décembre est un jour comme un autre, j'allume et je zappe à la télé, totalement consternée par le néant des émissions qu'on nous sert chaque année pour l'occasion. Quand vers minuit moins deux, je tombe sur un concert symphonique diffusé par Arte. J'écoute d'une oreille, je regarde d'un oeil et soudain je vois le public dans la salle se lever pour s'embrasser les uns les autres. Tiens, me dis-je, c'est en direct?! Oh mais les musiciens aussi se lèvent, se jettent les uns dans les bras des autres, rient et s'embrassent dans un joyeux tohubohu.
Bonne ambiance, souriais-je, ça change de la rigidité académique des orchestres nationaux tels qu'on les voit en général.
Puis tous se rassoient et entament un morceau trés percussif, un air de mambo sous les bravos d'un public qui chante et fait la ola, révélant le velours beige rayé de rouge des fauteuils de la salle de concert de Caracas. Dingue! C'est qui ces fous?
Je m'enquiers du programme et je lis qu'il s'agit de l'Orchestre des Jeunes du Vénézuéla Simòn Bolivar dirigé par Gustavo Dudamel, un chef de vingt six ans. Cet orchestre a été créé il y a trente ans pour composer un ensemble classique avec les enfants et les adolescents des quartiers défavorisés du pays, révélant d'immenses talents et une joie contagieuse à vous hérisser le poil sur tout le corps.
Je n'ai pas trouvé d'enregistrement Arte sur le net de l'émission d'hier un soir, mais cette vidéo devrait vous donner un échantillon de l'esprit de la fête telle que je la conçois, un enthousiasme indescriptible qui donnerait envie d'aimer la vie et les hommes:
Aujourd'hui, Internet permet aux artistes de contrôler de bout en bout leur art. Leur production peut facilement se faire à la maison grâce à l'informatique, et être mise en ligne sans considération marketing mais selon les critères de la licence libre qui la protège. Cette diffusion peut autant être gratuite et/ou en contre-partie d'une contribution qu'eux seuls fixent et qui leur revient intégralement, sans aucun intermédiaire ni publicité autant invasive qu'hors-sujet.
Vous pouvez ainsi profiter de créations originales, d'oeuvres protégées et téléchargeables légalement, totalement allégées de tout objectif de vente ou d'argument marketing.
Le D2U est un positionnmeent éthique sur un marché qui en a bien besoin à l'heure où tout n'est que produit et où l'artiste est réduit à la simple fonction de prestataire de service-logo, d'image et de faire-valoir pour des marques mues par peu de scrupules.
Internet a également l'avantage, entre autres multiples inconvénients que nous n'énuméreront pas aujourd'hui, d'établir un lien interactif direct, voire simultané avec les artistes. Outre la possibilté de laisser un commentaire ou d'envoyer un e-mail, de lier des sites ou de créer un communauté, l'accés libre à une production, notamment en musique, peut lancer un travail collectif de remixage, reconstruction, collage et réinterprétation.
Des battles peuvent se dérouler via une plate-forme de vidéo ou sur un simple forum, selon des règles diverses et infinies, pour un concours thématique reliant des artistes, sans autre considération que l'envie de s'exprimer, de créer, de partager et d'apprendre des autres, sans question de statut, professionnels ou amateurs, chômeurs ou retraités, mais en tant que simples inspirés, animés par le désir d'art et par une générosité latente dispersée de par le monde.
Cela dit, j'enjolive un peu le tableau car sur la toile ces moments sont rares et les bugs nombreux. Malheureusement, la curiosité et l'enthousiasme du partage n'a pas non plus beaucoup de place dans le monde virtuel qu'est le web. C'est fort décourageant, sachant que cela n'ira pas en s'arrangeant étant donné l'imagination débordantes des législateurs désireux d'interdire toute forme de téléchargement et de diffusion gratuite. Mais Internet n'est pas le monde. Combien d'humains ont accés à cette dimension sur la planète? Combien de français bénéficie d'une connection Internet? et ADSL?
Quoi de plus D2U alors que les vrais gens, le vrai papier et les vrais mots? Le fantasme d'Internet ne se réduit-il pas à la simple recherche d'un lien avec le réel? Mes amis, je vous le dis, échangeons dans le vrai monde, et écrivons! Quoi de plus naturel et humain que de coucher noir sur blanc sur une fibre végétale et naturelle, palpable et pliable, chiffonable et déchirable, jetable et recyclable, le contenu palpitant d'un esprit intelligent, brillant et cultivé? Quoi de plus évident, pertinent et convivial que le journal, le feuillet, le flyer, le dépliant, la gazette, le tract, le PaperBlog!

La culture vue par les yeux du consommateur lambda, c'est une espèce de pot commun dans lequel il puise en fonction de ses envies, de ses moyens et de l'influence marketing de la télévision pour se distraire entre deux déprimes. Je caricature volontairement mais certaines émissions de prime time et leurs scores d'audimat nous le démontre régulièrement.
Comme tous produit de consommation de masse, la culture est un enjeu économique majeur et des sommes faramineuses sont en jeu. Derrière la musique, l'image et le cinéma se cache des objectifs commerciaux mais aussi des enjeux industrielles et bien sûr politiques. Ce n'est pas vraiment un terrain de jeu pour les petits Mickey de fin de chaîne que nous sommes.
Le cinéma qui pourtant n'est pas le premier poste des dépenses du citoyen moyen connait lui aussi des guerres intestinales et idéologiques donc politiques dont, visiblement, le résultat final est proche du dénouement de Highlander : il ne pourra en rester qu'un !
Pourquoi le monde tend à la concentration en tout, ça me dépasse mais c'est un fait.
Aujourd'hui comme hier, la culture dominante en Occident est Américaine et visiblement, les idées aussi (comprenez libérales donc déréglementées donc loi du plus fort donc du plus riche).
Mais revenons à nos moutons... enfin, à nos bovins comme vous le verrez plus bas dans l'article. Que se passe-t'il à l'Utopia ? L' Utopia est un cinéma comptant plusieurs salles logées dans une ancienne église restaurée en plein centre de Bordeaux, place Camille Julian. C'est un endroit agréable avec à son entrée, un café-restaurant où il fait bon passer un moment, équipé d'une connexion wi-fi d'accés gratuit, ce que j'apprécie tout particulièrement.
Les salles sont confortables, le son est moyen mais de bonne qualité en général, les films en VOstF, les gens y éteignent leurs portables et ne se gavent pas de sucreries indigestes en buvant un soda à grands coups de bruits de déglutition, de grignotages et de farfouillages dans des emballages prévus pour faire chier le cinéphile averti.
Souvent, l'Utopia organise des soirées-débâts avec projection, discussions voire première partie. J'en ai fait une avant le film Scratch, de Doug Pray en 2003. C'est suffisament exceptionnel pour le signaler.
Ainsi consommateur de produits culturels, le cinéphile peut aussi être citoyen et humain. Fou de cinéma pour la plus grande partie de ma vie, j'ai réussi à m'en dégoûter durablement aprés avoir fait usage d'une carte illimité en 2002. Je me suis aperçu que la plus grande partie de la production du cinéma mondial (comprenez Occidental) était merdique, répétitive et creuse, et surtout que la programmation des grands multiplexes qui proposent de vous gaver d'images pour un abonnement mensuel est extrêmement pauvre et non représentative de la réalité culturelle du 7ième art. C'est un peu comme croire qu'on connait quoi que ce soit à la musique en écoutant NRJ, voyez ?
Le cinéma est comme le concert, c'est un endroit où on se retrouve avec des centaines d'autres êtres humains pour partager une expérience émotionnelle commune, c'est beau, fédérateur et puissant. J'ai toujours aimé ça et l'ai toujours vécu comme un rituel dans les petites salles de quartier que je fréquentais enfant puis ado. Aujourd'hui, ça s'apparente plus à une expérience de salon privé, une sorte de projection de DVD sur grand écran avec un son 5.1 monstrueux que l'on interromprait facilement si l'on disposait d'une télécommande, pour aller aux toilettes, se chercher un peu plus de popcorn ou répondre au téléphone (quoique certains n' hésitent pas à passer à l'acte avec leur téléphone en pleine projection).
L'Utopia est encore dans l'esprit originel du cinéma et pour ça, je préfère encore payer une entrée au coup par coup et y aller une fois tous les deux mois. Utopia est une salle classée Art et Essais qui ne bénéficie d'aucune subvention publique et qui vit donc de ses propres deniers générés par son activité, ce qui est une bonne chose. Ca démontre qu'on peut être rentable sans pour autant faire dans l'économie d'échelle, proposer de la diversité, soutenir des films non markétés comme des baskets de djeuns, les diffuser dans leur langue originale et ne pas être obligé de vendre de la confiserie estampillée "general food ".
Seulement voilà, à Bordeaux, comme ailleurs, la politique est un truc impénétrable basé sur une logique qui n'en a pas. De là à dire que la volonté politique est d'abord une volonté individuelle soumise à la subjectivité, aux sentiments les plus bas, à l'inculture, la bétise, les croyances, les superstitions...il n'y a qu'un pas que je franchirai dans un autre article.

Je vous livre le début de l'article paru dans la Gazette :
On le sentait venir... huit ans maintenant qu'Utopia est installé à Bordeaux sans l'aide des collectivités, sans subvention de fonctionnement, sans facilité aucune. Des salles aménagées grâce au Fond de Soutien, ce formidable système, propre au cinéma, que réalisateurs, comédiens et techniciens imposèrent de haute lutte à la fin de la seconde guerre mondiale, tandis que le gouvernement Blum négociait avec les Amércains des accords inquiétant pour le cinéma Français. Ajoutons à cela l'aide sélective qui en découle, des emprunts apportés par le Crédit Coopératif avec la garantie de l' IFCIC... et rien d'autre. Pas l'ombre d'un geste de soutien du Conseil Général, de la Ville. Utopia ne reçoit ni subvention dîte d'équilibre, pas plus de subvention exceptionnelle. C'est vrai à Bordeaux, c'est vrai ailleurs. Et cette indépendance nous a toujours semblait le meilleur garant de notre indépendance financière éditoriale, de notre liberté totale de programmation, sans que nous jalousions jamais les bons gros écus distribués à nos confrères. Et Utopia continuerait tranquille son petit bonhomme de chemin si ne pesait sur ses finances le poids d'une taxe professionnelle qui lui mange désormais 60% de la prime de programmation Art et Essai Recherche attribuée par le CNC au vu de l'excellence de son travail. Une taxe professionnelle que plus aucune salle Art et Essai ne paie en France... sauf les salles Utopia, en raison d'un effet de seuil que chacun s'accorde à trouver injuste et stupide.
Pire, cas unique encore dans le landerneau de l'art et essais, l'administration locale nous harcèle pour le paiement d'une taxe de parking qui refait surface à période régulière, au grés des élections et de la variabilité des élus.
Alain Juppé, aprés une première alerte, avait fini par botter en touche sans que l'on sache trop bien où était passée la baballe. Le beau tramway tout neuf qui s'arrète à deux pas d' Utopia pouvait semblait, de toute façon, rendre obsolète la demande. Or, voici qu'aprés quelques récents changements à la communauté urbaine, où la Gauche a remplacé la Droite, la bête fait à nouveaux surface, ce 4 octobre :
"En votre aimable règlement ... 266 505 euros !"
Une somme qui, on s'en doute risque bien d'avoir raison de notre peau."
( A suivre dans la Gazette de l'Utopia disponible partout en papier et sur le net )
"Taxe professionnelle ( l'effet de seuil ): une salle qui réalise une moyenne de 4999 entrées hebdomadaires, au pris moyen de 7 euros, qui vend des confiseries, passe de la pub à l'écran... et autres recettes annexes, si elle est classée art et essais, même dans la plus petite catégorie, peut exonérée de taxe professionnelle. Une salle qui réalise 5500 entrées hebdomadaires, qui n'a aucun prduit annexe, à un pris de place moyen de 4,75 euros en raison d'une politique volontariste d'élargissement du public des films d'art et essai, qui est classée en catégorie « recherche » peut se voir réclamer la Taxe Professionnelle. Le palier des entrées était à l'origine plus élevé. Ce sont les commissins de professionnels qui ont abaissés le seuil, qui n'est d'ailleurs pas cohérent avec les seuils pris en compte par la loi Sueur pour l'attribution des subventions publiques : en effet, jusuq'à 10 000 entrées, les collectivités peuvent subventionner les salles art et essais, ce qui permet éventuellement le subventionnement de multiplexes indépendants... on marche sur la tête !"
L' Utopia peut mourir.
Ce n'est pas un endroit pour les bobos comme certains se plaisent à le dire, c'est un endroit qui crée du lien social dans une société où le pouvoir en place tend à mettre tout le monde dans des cases afin que le citoyen perde tout repère et ne voit en son voisin que la cause de son problème. L' Utopia ce sont des familles, des gens de tout horizon socials, des jeunes, des vieux. C'est un endroit vivant dans des murs qui ont une histoire, où l'on vient pour s'enrichir de la culture des autres au travers de ce media que l'on nomme cinéma, c'est un endroit où les gens sont généralements plus respectueux des autres, où chacun accepte de partager son espace, son temps et ses émotions. C'est aussi une endroit où l'on parle, où l'on se parle, où l'on réfléchit, d'où l'on sort moins con d'une projection. C'est rare et c'est précieux.
Avec la mort d'un tel endroit, c'est la mort du peu de diversité culturelle de cette ville minérale classée musée mondial pour touristes friqués qu'est devenue Bordeaux. C'est la mort du choix, c'est la mort d'un cinéma qui s'exprime hors du format du standard commercial où le plus important c'est d'avoir le cerveau disponible.
C'est la victoire pour ce cinéma-supermarché où le spect.. consommateur doit suivre un chemin bien balisé dés l'entrée en passant devant les têtes de gondolles vantant les mérites divertissants du craquement du grain de maïs soufflé et transgénique sous la dent. Mettez-vous au premier rang d'une projection UGC et regardez la salle, vous y verrez un troupeau de bovins ruminants, les yeux aussi vides que l'image projetant la dernière production divertissante d'Europa Corp à base de taxi blanc.
Nous sommes déjà dans l'unicellularité idéologique et culturelle. Le futur c'est aujourd'hui, et c'est probablement trop tard, les méchants finiront toujours par gagner mais les gentils en emmèneront beaucoup avec eux en Enfer, Yeah !!!
Photos nitrom
Eloignez enfants de moins de 16 ans, vieux et jeunes Vichystes ainsi que les grenouilles de bénitiers. Amen
Petite déco sur le bureau de poste St
Rémy à Bordeaux en 2006.
Bienvenue, vous êtes à Bordeaux !
Si les villes étaient des personnes, Bordeaux serait la ville la plus prétentieuse qu'il m'est été de rencontrer, et en l'occurence d'habiter.
Tour à tour, elle s'auto-proclame capitale de l'Aquitaine, du sud-ouest et/ou capitale du vin.
Depuis que ce tas de pierres beiges est classé au Patrimoine Mondial de l'Unesco, ça ne va pas en s'arrangeant. Tout devient possible dans la petite tête, par le volume et non par les ambitions,
de ses gestionnaires à durée limitée. Voilà que maintenant ces gensssssss de la Kulture Bordelaise ( cherchez l'intrus parmi les mots précédents ) se sont mis en tête de faire de leur ville la
Kapitale Européenne de la Kulture en 2013.
........
Excusez-moi, j'ai été vomir, et rire en même temps, et ce n'est pas facile. A un moment, il faut choisir entre les deux pour ne pas s'étouffer...
Réfléchissons deux secondes.... que fait Bordeaux pour la culture depuis.... heu... toujours ?
... Ah ça y est, j'ai trouvé : RIEN !
Mais alors à ce point...
Il y a des lessives qui lavent plus blanc que blanc, Bordeaux ne fait rien de rien pour la culture et l'art en général, mais rien de rien de rien, j'vous dis !
Ah ça! Pour sponsoriser massivement à grands coups de subventions le représentant officiel de la culture qui n'intéresse que trois personnes en phase terminale, pas de problème !
Qui a dit "Opéra National de Bordeaux" ?
Et pendant ce temps-là, on ferme des bars musicaux, des galeries associatives, on ne trouve pas de fonds pour payer les artistes qui donnent de leur temps et de leurs talents pour participer à des festivals sans moyen...
Qui a dit "Allez les filles" ?
On favorise le monopole des grosses salles qui font de la programmation "mainstream" pour rentabiliser leur espace au détriment des groupes et artistes locaux en demande de visibilité....
Qui a dit "La Rockschool Barbey" ?
Tiens!?... Un complexe de magasins pour marques pseudo haut de gammes vient de voir le jour sur les quais...
Pour qui, pour quoi, comment, pour combien de temps ?!!!
Vite, dîtes-moi tout !!!
Je serais curieux de connaître le montant de la remise en état des lieux pour savoir combien de projets artistiques, d'expos, de micro festivals et d'ateliers auraient pu voir le jour avec, et faire de ce Disneyland aviné une vraie capitale de l'art...
Bordeaux Capitale Européenne de la Culture en 2013 ?
On ne doute de rien à la mairie des retraités anticipés de la fonction publique.
On se voit pousser des ailes et on imagine déjà l'impact électoral pour les prochaines municipales.
D'abord l'Unesco, maintenant ça.
Juppé doit les avoir grosses comme des pastèques prêtes à décharger en ce moment.
Et vas-y que je te fais des reportages sur la-télé-des-collabos-amateurs-du-canal-7, que je te montre la belle énergie de l'action entreprise, que je te filme des analpha "bêtes" incultes s'exprimant par des : "Ouais, c'est trop de la balle !" ou encore nous dire avec cet air de bourgeois terrien que "ben c'est dans la continuité du changement d'not'bonn' ville, m'dame."
Je reviens, il me reste le potage d'hier soir à vomir.
Pendant ce temps-là, on fête Chaban, le gars qui a recouvert la ville-qui-a-choisit-de-boire-et-de-conduire d'une chappe de béton maousse costaud, et à qui on doit Meriadeck "la cité du
futur".
Ca donne une idée de la façon dont la Droite voit la ville.
Béton dans les années 70, granit Chinois dans les années 2000.
C'est plus classe le granit, ça fait plus authentique.
Oui, mais il est Chinois quand même....
Il ne reste plus qu'à faire péter le Palais des Sports et à mettre à la place un grand jardin public.
( Rêve éveillé )
Dans ville, il y a Vie; dans cité, il y a Citoyen; dans Bordeaux, il y a mon-cul-sur-la-commode, un joli décor de théâtre en bordure de Garonne, et derrière du froid, du beige, mais de la vie...?
De moins en moins, quant aux citoyens....
On a nettoyé St Pierre, on nettoie St Michel. On ferme tout ce qui fait du bruit et qui accueille l'héritage de la Libération et de mai 68. On rachète, on rénove, on revend avec une plus value et on augmente les loyers pour que toute cette plèbe de mal-lavés aillent voir à la périphérie si l'herbe est plus verte.
Par contre, cours du Chapeau Rouge, on a spécialement pavé une allée pour Américains bas-du-fronts, les poches pleines de dollars, descendant de leur paquebot-HLM en colonnes bien rangées dans leurs shorts, leurs casquettes et leurs sandales de touristes.
Il faut bien ça pour qu'ils aillent dépenser leur fric durement gagné en faisant fermer nos entreprises via des fonds de pensions, d'un simple clic.
Et tout le monde d'applaudir des quatres mains, les yeux pleins de larmes de crocodiles.
Comme c'est beau, il ne manque plus qu'un air d'accordéon.
En économie, comme dans la Nature, rien ne se crée, tout se transforme; ce qui manque dans les poches de quelqu'un est dans les poches de celui qui l'a volé.
Passons...
Vous savez pourquoi Bordeaux ne sera pas Capitale Européenne de la Culture en 2013 ?
Pas parce que je suis d'une mauvaise humeur congénitale, non.
Pas non plus parce que l'adage Sarkozien du "vouloir pour pouvoir" ne fonctionne pas, non.
Simplement parce que Bordeaux ne donnera pas le change au jury censé donner ce titre, et ce malgré le tramway et le classement au Patrimoine Mondial de l'Unesco.
Bordeaux ne va pas rattraper un retard de trente ans en matière de culture avec des promesses et les mails d'encouragements de gogos qui n'ont rien compris à ce qui se passe vraiment dans leur ville.
Et aussi parce-que 2013 c'est trop tard, dans le calendrier Maya l'année de l'Apocalypse est prévue pour 2012.
Cela signifie qu'une composition musicale par exemple, selon si elle est jouée par quatres copains au fond d'un garage ou par un quatuor à cordes sur la scène nationale de l'Opéra de Berlin n'aura pas le même impact dans les yeux et le coeur de ceux qui viendront l'écouter. La gratuité d'un concert et l'obligation de l'achat d'un billet à 120€ pour une place assise sont également des critères influant sur la valeur qu'on donnera ou pas à une création.
Est-ce une règle utile dont on ne peut contester la logique ou une forme de ségrégationisme afin de créer artificiellement de la rareté pour servir le marché?
Aujourd'hui, les outils de communication et de création se sont massivement numérisé et popularisé. Nous pouvons tous faire du son ou de l'image. Nous sommes tous des artistes en puissance et nous avons tous une sensibilité qui nous caractérise et donne le ton de nos éventuelles créations. Bien sûr, nous n'aimons pas tous nous essayer à un art ou nous intéresser à l'Art, mais nous pouvons, nous occidentaux des pays riches, si tant est que l'on soit un peu curieux, y accéder et le partager.
Abordo se pare dorénavant d'un nouvel espace, décoré de son esprit indépendant et vierge de tout commerce, et offre sa palette en tant que cadre et support, se fait diffuseur, galerie virtuelle et vitrine magique, à la disposition des artistes invisibles.
Les Anglais sont beaucoup plus inventifs et joueurs en ce qui concerne l'Art. On a pu par exemple au Museum of London parcourir les collections par des thématiques simplistes mais tellement
ludiques telles que "vous aimez le jaune", "vous aimez le rouge" ou encore "vous avez la gueule de bois".
La Tate Modern a quant à elle convié les photographes amateurs à
proposer leur vision de l'Angleterre pour son exposition du 6 août au 2 septembre et qui se nomme "How We Are Now".
Il s'agissait d'illustrer l'un des quatre thèmes : portrait, paysage, vie quotidienne et documentaire. Pour l'occasion, la Tate Britain a ouvert un espace sur la plateforme de partage de photos sur Flick'r.
En trois mois, les organisateurs ont reçu plus de 7000 photos et en ont sélectionné 40. Elles sont visibles sur le site de l'exposition.
A quand le même style d'initiative au CAPC?



