Mardi 5 février 2008
Raymond Depardon écrit que l'ennui est le principal ennemi du photographe. Il dit aussi qu'il est trés souvent lié à la lumière, et je me retrouve entièrement dans cette observation. Il rajoute que la pluie est une des choses les plus difficile à photographier, et c'est trés juste.

Hier, nous avons eu à Bordeaux des giboulées de mars en février.

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Mais ce qui redonne le moral, c'est que le mois de février est aussi celui où le soleil est de nouveau assez haut dans le ciel pour faire sa ronde comme aujourd'hui au-dessus des bâtiments qui font face à ma fenêtre et venir ainsi chatouiller de sa chaleur l'intérieur de mon logis.

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par dirtydiel le 05.02.08 publié dans : urbanistique
Lundi 21 janvier 2008
Ca se trouve à Nuremberg et c'est un restaurant qui s'appelle le 'sBaggers. Jusqu'ici rien d'insolite, seulement voilà, dans ce restaurant vous ne trouverez aucun personnel de salle, tout est automatisé et géré par un réseau intranet qui distribue les commandes directement sur votre table grâce à des rails métalliques de 4,50m reliés à la cuisine située à l'étage.
Plus de serveur mal embouché qui vous gâche votre dîner, plus de pourboire à allonger, plus d'erreurs possibles dans votre commande, quelles belles soirées en perspectives n'est-il pas?

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par dirtydiel le 21.01.08 publié dans : urbanistique
Lundi 3 décembre 2007


Vidéo bricolée de quelques plans tournés avec un compact, et illustrée des sons tonitruants de nitromthemetronome disponibles sur son site.
par dirtydiel le 03.12.07 publié dans : urbanistique
Vendredi 30 novembre 2007
En direct de mon loft customisé grâce à l'aimable collaboration de termites bénévoles et du haut de ma condition d'auteur photographe indépendant en quête d'amateurs avertis potentiellement clients, fidèles, voire payants pour un style incomparable et des images époustouflantes (...) je vais tenter de vous faire partager l'aventure quotidienne de ce que l'on appelle plus communément  un artiste autodidacte ou encore un chômeur longue durée.

10h30 - Intérieur jour - volets fermés

On dit que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt... Le monde des embouteillages, des queues aux guichets de la gare, des TER bondés, du parfum chaud des croissanteries et des mauvaises haleines de café-tabac-froid...
Mmmh... sans doute.

Il est certain que pour passer en vitesse à l'ANPE, à la CAF ou à la Poste, le mieux est d'y aller trés tôt en matinée. Bien qu'il m'est arrivé de fondre d'ennui durant des heures sur les sièges rigides de la permanence de mon agence Culture et Spectacle, les yeux collés au décompteur, l'oreille étirée pour capter son bip, et cela même aprés avoir déjà attendu plusieurs minutes à l'extérieur avec nombres de mes homologues devant une porte close.
Bon.

Ce doit être aussi le monde de la pause café, de la pause cigarette, de la pose de faux-ongles entre midi et deux et de la meilleure pour se faire... apprécier de sont petit chef de secteur, responsable de zone, directeur d'agence ou autre superviseur régional.
Soit.

undefinedOu bien s'agit-il du monde de la Bourse, celui de la spéculation, de la rumeur, de la frayeur et des initiés; l'univers des manches de chemises relevées, des chiffres, statistiques, courbes, prévisionnels, dégraissages et plus-values; le monde au travers des écrans, froid, impitoyable, obnubilé par la rentabilité, le profit, se revendiquant de la doctrine libérale mais se renfloue dans le même temps grâce aux sommes débloquées par les Banques Centrales.
Chouette.

Ce monde de l'aube appartient aux tribunaux, lance des convocations, envoie des recommandés, mandate des huissiers, sert les agents immobiliers, possède les états des lieux, nous glace le dos et signe les fins de garde à vue avant de témoigner de la violence des expulsions et des bavures.

Il m'arrive évidemment de traverser ce monde. Rien de trés réjouissant étant donné ce que je viens d'énumérer; jamais de grand plaisir à devoir s'extirper du lit pour rendre des comptes sur une situation hors de contrôle, constituer et déposer un dossier administratif, un recours, une demande, une candidature ou répondre présent devant le juge du tribunal d'instance et lui étaler la chronologie de ses dettes inversement proportionnelles à l'évolution de ses ressources.

Le matin serait plus amical et familier sans ce fonctionnement arbitraire et glacial.

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Mais il est un détail qui pourrait aussi faire toute la différence.




Si ma fenêtre ouvrait sur un jardin, une terrasse, un balcon, si l'horizon cadré par mes ouvertures s'étirait sur une vue sublime de la Garonne, la cime d'une poignée de platanes ou quelques toits roux de ma ville. Si les perpectives portaient plus loin que ce mur grisâtre et sale qui s'impose en façade et cache le soleil dés le début novembre et jusque fin janvier, j'aurais plaisir à vivre le matin, à suivre la courbe de ses lumières et à tendre l'oreille sur ses bruits.















Photos dirtydiel
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par dirtydiel le 01/11/07 publié dans : urbanistique
Jeudi 15 novembre 2007
Vous l'aurez compris, mon appartement est pour moi un problème. Mais même si j'étais, c'est certain, plus que soulagée si demain je partais pour un immense T1 de 30m2 sans sous-location intempestive et xylophagique, j'apprécie d'être au chaud et d'avoir un chez moi. Cela n'atténue pas le problème mais m'aide à prendre sur moi.

Quelque soit l'état de ces quatres murs, ce sont les miens aujourd'hui et ils sont largement empreints de ma personnalité. Des tapis en coco tressé pour recouvrir la moquette usée, un choix de stores en bambou et de voiles en coton cousus-main madââme, et des commodes, des tablettes et des étagères en bois partout pour optimiser l'espace. Si l'on ne pousse pas les meubles pour admirer les créations aléatoires de ces insectes compulsifs que sont les termites, on ignore qu'il y a ici un risque d'écroulement à long terme.

Je suis pauvre certes, mais ça ne se voit pas. J'ai du goût et des doigts agiles; j'ai même un CAP de menuisier, détail important qui sous-entend que mon salopiaud de proprio aura eu tout de même la chance de tomber sur moi et récupérera, un jour peut-être, un bien certes troué de galeries mais beaucoup plus propre que je ne l'ai trouvé. C'est une constante chez moi, mes anciens propriétaires ont même parfois fait l'effort de m'écrire pour m'en féliciter.

Et voilà, on papote, on chipote, et il est 11h00.

J'ouvre les volets, je regarde si j'ai du courrier et j'enclenche la bouilloire.

Dés le début de la journée, je me mets au travail.

J'allume tous mes outils, ordinateur, modem, imprimante si besoin, et mes quelques neurones.

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Pendant plusieurs heures, je vais balayer mes e-mails, mettre à jour mes blogs, mettre en ligne des textes pre-écrits sur papier, rechercher des liens, des infos et des illustrations pour compléter mes propos ou mes lacunes, entretenir les contacts, tenter de tisser un réseau et fixer les actions à suivre, les outils, matières ou données manquantes.

Par acquis de conscience, j'examine les offres d'emploi, ce qui en général prend dix secondes en vitesse adsl moyenne, deux les jours de flux fulgurant. Si par miracle je tombe sur un poste dans mon département et accessible à mes compétences, je postule. Cette formalité me prend dorénavant cinq minutes, j'excelle à cet exercice.

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Cela gonfle ma liste de belles démarches constructives et accomplies réclamée tous les mois par l'anpe, dont jamais cette dernière ne vérifie ni la réalité, ni l'effectivité, ni la pertinence.

Je passe ensuite à des choses plus délicates et créatives, un temps plus lent et plus long de réflexion plus introspective où des choix s'imposent et des périodes de pause aussi pour prendre du recul.

Ou bien je suis dans une phase de fabrication. Je reprends un projet, un concept, une mise en page, une retouche, un scan à optimiser, à uploader, webmasteriser et finaliser. Je réalise des impressions, des plaquettes, des maquettes, je m'arme de mes outils tranchants, coupants, pinçants et autres plioirs pour donner vie à un chef d'oeuvre monumentâââl d'une beauté traaaanscendentâââle: PUB!

J'encarte, j'emballe, j'envoie, je soigne la communication destinée à promouvoir certains de mes talents et le formidable potentiel certain que je suis.

Et justement, puisqu'au final je me réduis à n'être qu'un humain, ces moments de recherche, de concentration et de création intense s'entrecoupent tout de même raisonnabelement de pauses pipi, caca, miam-miam et splasch dans l'eau pour sentir belle.

16h30 - Intérieur jour - volets ouverts
Photos dirtydiel
par dirtydiel le 13/11/07 publié dans : urbanistique
Jeudi 1 novembre 2007
Il a été moins facile d'écrire cette dernière partie qui est beaucoup moins jalonnée de repères temporelles que les deux premières. La fin de la journée est le moment où les questions sur le fond de ce que je fais, de ce que je n'aime pas faire et de ce que j'aimerais faire m'assaillent. Cela touche de prés mon activité et c'est là à ce sujet que je suis la plus fragile.

17h00 - intérieur rangé - vaisselle lavée

undefinedSans emploi, sans activité professionnelle officielle et rémunératrice, pour le système je n'existe pas. Cependant je jouis d'une grande liberté de gestion de mon temps. C'est d'ailleurs ce qui peut effrayer au début, cette totale autonomie qui s'offre à nous lorsqu'on perd son job. Dans une culture où le travail est synonyme d'épanouissement, de vecteur de réussite, d'identité et même de liberté à en croire certains, c'est en réalité lors de la perte de son emploi que l'on se retrouve face à ce que l'on est vraiment, face au temps que l'on a et à ce que l'on pourrait en faire, d'où cette frayeur puisque jusqu'ici les réponses à ces questions étaient toutes trouvées.

Depuis la maternelle nous sommes encadrés par des horaires et des devoirs. Et bien que ceux-ci perdurent lors d'une période de chômage en prenant la forme du pointage et de l'entretien mensuel, il se dégage parallèlement un espace d'indépendance propice à une remise en question, à la vraie recherche de soi-même et de ses aspirations que peu ont le courage d'affronter tant nous n'avons pas l'habitude de penser par nous-mêmes. C'est pourquoi beaucoup de chômeurs se contraignent à suivre le même rythme qu'ils avaient pendant qu'ils travaillaient, comme pour se prémunir du pêché d'oisiveté, ou par une sorte de superstition favoriser leur chance de retrouver un emploi. Fondamentalement cela ne change rien à la donne, les journées font toutes vingt quatre heures pour tout le monde, chacun est donc libre de les employer comme bon lui semble.

Toujours à cause de cette culture judéo-chrétienne qui sacralise le labeur, le sacrifice pour le travail et le respect que celui-ci attribut automatiquement à tous ceux qui s'amassent à la pointeuse avec l'enthousiasme d'un chien constipé qui chie sous la pluie, chacun est convaincu sans vraiment y avoir réfléchi qu'il n'y a que par le travail que l'on peut gagner sa place dans la société, et de ce simple fait se sentir honorablement exister. Cela dit en passant, c'est tout de même curieux que l'église qui véhicule avec énergie ce concept avilissant est à l'inverse nettement plus muette pour ce qui est de demander l'interdiction de l'ouverture des magasins le dimanche; petit aparte.

Le chômage, ce serait donc l'enfer, le mal, la mort et la damnation. Dés que ce mal nous frappe, l'un des sept pêchés capitaux qu'est la paresse nous glace avec effroi et fixe notre conscience sur une culpabilité entretenue avec zèle par les médias, les amis, la famille et par les administrations chargées de notre radiation du suivi de notre "projet personnalisé d'accés à l'emploi type parcours recherche active". Pourtant se contraindre à un rythme qui n'a pas démontré son efficacité quant à l'objectif à atteindre doit être remis en question. En Australie, en Nouvelle-Zélande et aux Etats unis, où d'ailleurs est née l'idée de simplicité volontaire, plusieurs citoyens aspirant à travailler moins pour gagner moins et vivre mieux ont diminué leur temps de travail jusqu'à trente heures hebdo pour certains, et font preuve d'une efficacité supérieure à ceux qui ne bénéficiaient pas de ce gain de repos.

Mais c'est tout à fait compréhensible d'avoir des difficultés à adopter ce point de vue au regard de l'intoxication que l'on nous vomit quotidiennement et qui veut que la croissance soit le remède à tous nos maux et nous promet des revenus en hausse proportionnellement à la rallonge de notre temps travaillé quand seul le prix du gaz augmente. C'est du coup d'autant plus difficile d'entrevoir une chance au travers du chômage, celle du temps libre gérable selon ses aspirations et ses priorités, celle aussi de l'élargissement de sont point de vue plutôt que la seule perspective fantasque d'un objectif de retour à l'emploi.

Je hais sincèrement les objectifs. Je n'en ai aucun hormis ceux que je visse à mon boîtier (photographique). La vie m'a démontré que les buts ne servent qu'à rétrécir notre champ de vision. Ceux que j'ai pu me fixer adolescente sont tellement loin de ce que j'ai dû apprendre et affronter par la suite, ne serait-ce que pour jouir du privilège d'avoir un toit.

Et justement, en parlant de toit, en milieu d'aprés-midi donc, j'aspire à l'évasion. J'ai besoin de fuir les murs de ma grotte pour aller humer les émanations de dioxyde de carbone, faire de l'oeil au soleil, jouer du parapluie entre les piétons, renifler la goutte au nez, m'apaiser de l'espace qui file entre les Cours puis me poser dans un café et lire, écrire ou simplement regarder. J'observe critique le passage cyclique des saisons urbaines et approximatives, le martèlement et la course d'une foule hystérique, les couleurs scintillantes dans les flaques, le clignotement des feux électriques et je me laisser bercer par le mouvement presque organique de ma ville nervurée de gris serpents mécaniques. Tout ce flux métronomé dont on nous enjoint de remplir nos vies ne sert qu'à une chose, nous détourner de l'essentiel sur cette planète.

19h20 - Intérieur retrouvé - manteau au placard

Aprés avoir enfilé un pantalon de pyjama, mon sweet en pilou-pilou et mes pantoufles fourrées, je bois un grand verre d'eau, je réfléchis. Je m'abandonne à mes obsessions qui s'animent entre les synapses de mes neurones, je m'applique à cerner le sens de mon regard, celui que je veux poser sur le temps, puis je dérive dans une errance intellectuelle qui me mène au hasard de mes humeurs et de mes aspirations vers l'action ou l'inaction, jusqu'à l'orée des premières lueurs de l'aube.

04h30 - Intérieur nuit - lampes éteintes

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Photos dirtydielundefined
par dirtydiel le 09.01.08 publié dans : urbanistique
Vendredi 14 septembre 2007
Je ne peux résister au plaisir de vous faire découvrir le site des Urbanophiles dont j'adopte d'emblée aujourd'hui le vocabulaire. Donc, mes chers urbamis, vous découvrirez entre autres sur ce site les principes de la philosoville, le niveau de votre anxiété grâce au mesurostress et cinq urbafilms dont en voici un avant-goût:


par dirtydiel le 14/09/07 publié dans : urbanistique
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