Samedi 29 mars 2008
L'image “http://vdedaj.club.fr/spip/IMG/cache-177x188/rubon12-177x188.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Toute information, toute création et production aujourd'hui est emballée, pesée, packagée, marketée avant d'être injectée dans les cerveaux disponibles. Tout est récupéré et remanié pour faire joli ou choquer, pour endormir ou formater. D'où l'insupportable manie ces derniers temps du tout storytelling.

Et puis il y a des combats qui se livrent et dont on nous présente les grandes lignes, dont on évite d'aborder les fondements et les dommages collatéraux, que l'on préfère ne pas exposer de manière exhaustive pour éviter (empêcher) au (télé)-spectateur-lecteur passif un début de reflexion personnelle, point de départ d'une autonomie relative mais déjà synonyme, au regard des élites attablés aux préoccupations d'un ordre nouveau et mondial, d'une faille dans la chappe de béton qu'ils s'appliquent à tartiner entre les deux neurones de cette saleté de citoyen imprévisible qui confond sa gauche et sa droite.

C'est qu'on aime bien se vautrer dans le déni, se déguiser en grand homme, se décorer de bonnes intentions et être les premiers à avoir le courage de lever le poing.

Ainsi on est fier de nous montrer Robert Ménard qui brandit l'enseigne de son entreprise derrière le responsable Chinois du comité des Jeux venu en Grèce pour le départ de la flamme à Olympie. Voyez le trouble subversif et coupé au montage causé par ce valeureux défenseur de la liberté de la presse qui milite au péril de sa vie, du moins au risque d'une garde à vue, et dore ainsi un peu plus le blason de la France, pays du "non à la guerre en Irak" en vitrine et d'un renfort en stock de mille hommes pour son contingent en Afghanistan. La noble terre de la ligue des Droits de l'Homme, toujours en première ligne pour se donner l'image d'une indépendance courageuse, toute droite dans ses bottes face au miroir pour feindre d'être fidèle à son invention humaniste mais assez souple pour la cantonner à la théorie.

Mais qui est donc ce Ménard, fondateur d'une ONG et fraîchement décoré de la Légion d'Honneur par Nicky à la Houppe ?

D'une part il demande à ce dernier le "boycott de la cérémonie des Jeux à Pékin s'il n'y pas amélioration des Droits de l'Homme" et de l'autre il s'est opposé, dans une contorsion que seul un professionnel de la manipulation peut se targuer d'une illusion d'optique, à l'interdiction de l'appropriation des journaux par des groupes privés qui travaillent avec l'Etat. "Cela reviendrait" -dit-il- "à priver les journaux français, déjà pauvres, de toute source de financement. C'est le type même de la fausse bonne idée. Quel journal aujourd'hui" -ajoute-il- "ne rêve pas d'être adossé à un groupe puissant pour pouvoir faire correctement son métier?"

N'est-il pas là comme une contradiction assez déroutante pour de notre curiosité piquée aller à la pêche aux informations recoupées?

Pour ma part, de sérieux doutes avaient éveillé mon sens critique lors de la journée pour la liberté sur Internet le 12 mars. Parce-que je tends à considérer qu'il est plus constructif d'engager une démarche individuelle nouvelle pour tenter de changer certaines choses au lieu de s'attrouper l'espace d'une matinée dans la rue pour y agiter des banderoles, l'idée d'une cybermanif m'est apparue comme une totale imposture, d'autant plus ridicule que sur le site de RSF lorsque je m'y suis connectée, rien ne fonctionnait .

Du coup, ayant relayé sur abordo l'appel pour le boycott des Jeux, j'interrompt mes vacances bloggesque pour parfaire mes lacunes et livrer quelques pistes afin de répondre à certaines questions concernant le secrétaire à vie de Reporters Sans Frontières:
Qui est Roberd Ménard, ses financements et  ses méthodes par Jean Guy Allard.
Robert Ménard légitime la torture sur France Culture.
Pourquoi l'Unesco ne peut s'associer à RSF? par Salim Lamrani.
Enfin le procés de Robert Ménard sur LePlanB.

Aprés cette mise à jour utile sur la personnalité, les soutiens et les méthodes de Robert Ménard, je me réserve le choix de la "retenue" en ce qui concerne l'expression de mon sentiment en son endroit, mais retire promptement et le logo et le lien vers le site RSF inclus sur ce blog depuis de nombreux mois maintenant.

http://www.france-info.com/IMG/jpg/CRA-de-Toulouse-2.jpgA chacun ensuite de choisir selon ses convictions l'attitude la plus adaptée face à la cérémonie, aux Jeux, à la Chine et aux non-respect des Droits de l'Homme et des Enfants dans ce pays, et les autres.

Car il est bon d'abattre une idée reçue qui érige en modèle les pays Occidentaux si disposés à exiger des autres ce qu'eux mêmes ne respectent pas dans son entier, dixit Thierry Levy mercredi soir chez Taddeï.

Prenons au hasard les Etats Unis qui n'ont pas ratifié la Charte Internationale des Droits de l'Enfant parce-qu'elle interdit toute condamnation à la peine de mort pour un criminel mineur, ou l'enfer de la prison militaire de haute sécurité à Guantanamo ou encore le veto de Bush à un projet de loi interdisant la torture du waterboarding.

La France est loin du compte pensez-vous?

Doit-on rappeler une nouvelle fois les conditions de détention dans nos établissement pénitenciaires et de la pénurie d'établissements spécialisés pour les mineurs condamnés à la prison ferme? Que dire des centres qualifiés de "rétention administrative" alors que les récents incidents à Vincennes et les images que l'on peut en voir ne font plus de doute sur un nom plus adequat à leur attribuer, celui de "camps" étant donné les techniques répressives employées? Est-il nécessaire aussi de revenir sur les enfants de parents sans-papiers arrêtés dans leur école? Et qu'en est-il du travail des enfants?

Centres de rétention: "l'industrialisation"
L'avènement d'une xénophobie d'Etat
Le travail des enfants
par dirtydiel le 28.03.08 publié dans : politique
Mardi 25 mars 2008
L'image “http://farm3.static.flickr.com/2196/2150247424_475d6d7a89.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Des drones équipés d'une caméra et d'un taser, 155 coups de taser assénés en 2007, des passagers arrêtés pour délit de solidarité dans un avion où sont placés deux Maliens expulsés, un bébé de quinze mois "retenu" avec sa mère Congolaise sans-papiers perd deux kilogs en deux semaines dans le centre de Rennes... Mais que fait la police?

"Se substituer au patron, c'est plus de travail mais c'est du vrai travail", dixit un ouvrier repreneur d'entreprise, la sienne. Ainsi plusieurs exemples d'actionnariat salarial démontrent que là où un patron fout le camp avec la caisse pour délocaliser, des emplois ont été sauvés, des productions maintenues voire développées et diversifiées. L'Europe freine des deux pieds pour limiter ces initiatives prétextant une concurrence déloyale contraire aux règles du marché commun. En France, Juppé et Raffarin se sont appliqués à rendre quasi impossible la reprise d'entreprises défaillantes sous forme de projet collectif, et pourtant ça peut marcher:
Parce-qu'ils se sont dit "c'est possible!"

Faire une grève quand l'entreprise est constituée de plusieurs ensembles répartis sur tout le territoire, ce n'est pas évident. Chez Altran-Sud-Ouest, les salariés se sont inspirés du Japon pour que leur mouvement de contestation impacte leur direction malgré cette configuration:
c'est la grève Niponne.

Au nom de la stabilité de l'ordre mondial, les pays Occidentaux justifient des guerres préventives pourtant incompatibles avec la charte des Nations Unis et le Droit International. La guerre en Irak est le point de départ d'une "guerre juste", biblique et globale destinée à garantir l'accés libre aux ressources auxquelles sont dépendants les pays industrialisés et non plus à conquérir des territoires. Tous ceux qui s'y opposent sont qualifiés de barbares et fichés avec une ironie glaçante "ennemis de l'humanité". Voilà ce qui légitimise les massacres de civils et les moyens de destruction de masse cautionnés désormais par la France qui change de politique étrangère et cède aux pressions de l'OTAN.

Du cinéma court pour finir sur une note plus espiègle - quoique - sous la forme d'un moyen-métrage de Sarah Bernard diffusé dans Histoires Courtes sur France2 le 18 mars. En attendant de pouvoir trouver sur le net l'intégralité des 55 minutes, on peut déjà visionner des bonus de ce panoramique de portraits politiques, une guirlande de visages en gros plan qui répondent à cette question:
"Que signifie pour vous être au service des autres?"


par dirtydiel le 25.03.08 publié dans : vitrine magique
Mercredi 12 mars 2008
Déjà de retour me direz-vous? Non, pas vraiment, mon congé sabbatique bloggesque a commencé mais il me semblait nécessaire de finaliser sur le sujet des élections. Car une information me tombe sous le nez aujourd'hui et je ne peux que la relayer étant donné le doute fondé qu'elle peut susciter concernant les résultats.

Alors que dimanche soir je râlais devant trois chaînes qui s'enmêlaient continuellement les pinceaux dans les chiffres affichés à l'écran, me demandant s'ils n'avaient pas tous bu notamment sur France3, déjà deux résultats me laissait plus qu'étonnée, la victoire de deux maires, dont malheureusement dans ma surprise je n'ai eu le temps de relever les communes, et qui auraient été élus à 100%. J'entends ensuite un journaliste expliquer ce chiffre en précisant qu'ils étaient seul candidat présenté. Bon, j'admets difficilement qu'il ne puisse y avoir aucun vote blanc mais visiblement je suis la seule à être surprise.

A cela s'ajoute ce matin une info donnée seulement par le journal Le Monde au sujet de retards dans la communication des résultats totalement inhabituels et pas justifiés, une différence assez énorme du pourcentage de l'abstention entre le dimanche soir et le lundi matin, ainsi qu'une panne informatique majeure au Ministère de l'Intérieur.

Je vous laisse juge. Il est peut-être encore tôt pour sombrer dans la parano, mais venant d'un Président ex-Ministre de l'Intérieur et prompt à féliciter des experts notables en démocratie truquée tel que Poutine, c'est avec facilité que l'on peut envisager le pire. J'espère seulement qu'une enquête sera initiée par les organismes de contrôle de notre pays et qu'en cas de doute avéré, le Conseil Constitutionnel remplira sa mission.
par dirtydiel le 12.03.08 publié dans : politique
Lundi 10 mars 2008
juppe-copie-2.jpg
Pour un Bordelais, le plus court chemin pour aller quelque part, c'est le zig-zag. Un coup à droite, un coup à gauche, un coup à droite... Normal pour une ville cernée de monocultures viticoles et qui s'est auto-proclamée capitale Européenne du vin. Au-delà de ça, des champs de maïs transgéniques à perte de vue, autour d'eux des pins absolument partout, et au bout l'océan. Ca peut pas favoriser la diversité d'opinions.

A moins que le soucis du Bordelais soit d'arriver à battre un record; "quatre vingt ans à droite" écrit en gros et en bleu au-dessus des grilles de la Mairie, ça peut faire son effet pour les touristes venus s'enivrer de patrimoine.

Bon, je sais bien qu'avec un Rousset traçant tout autant à hue et à dia, le résultat aurait été sensiblement identique, mais on ne m'y reprendra plus. J'ai encore mal d'avoir voté pour Chirac en 2001, voilà aujourd'hui où nous en sommes. J'aurais finalement préféré que l'extrême droite prenne l'Elysée, le visage de l'ennemi aurait alors été bien à découvert.

Un Lepen peut bien ressusciter au premier tour des Présidentielles en 2012, j'ai confétisé ma carte d'électeur, je ne remettrai jamais plus les pieds dans un bureau de vote.

Voilà, voilà...
Que va-t-il se passer maintenant? Rien, c'est ça qu'est génial... Du moins si, Abordo va muter en "aparmoitouvabien" ou en "avecmesabotontaine", non plutôt "aaaa - bdou - bdoudou - dou" ...

Je tire la grille, je raccroche la clé au clou, j'ai besoin de vacances. Ce blog peut bien s'éteindre à petit feu, j'ai fait le tour de la question, le reste n'est que curiosité, réactivité, colère et ganglions gonflés.
par dirtydiel le 10.03.08 publié dans : humeuristique
Dimanche 9 mars 2008
Aux Etats Unis, plus d'un Américains sur 100 est en prison. Ce chiffre place ce pays devant la Chine et la Russie et entraîne un surcoût du financement du systême carcéral de 315%, alors que celui de la protection sociale se dégrade et compte sous Bush un total en 2005 de 46,6 millions d'Américains sans aucune assurance maladie.

La population incarcérée se constitue majoritairement des minorités Noires Américaines et Hispaniques, et ne suit pas d'augmentation significative de la criminalité mais un durcissement de la loi visant à allonger la durée des peines des récidivistes. Ca vous rappelle rien?

Espérons que pour éviter le suicide, on aura droit à monter un spectacle de danse comme aux Philippines...



Beaucoup plus sérieusement, voici donc ce qui ressort du rapport du Pew Center of the States mettant en avant les chiffres consécutifs à une criminalisation de la misère aux Etats Unis, complément indispensable de l'imposition du travail salarié précaire, intermittent, peu sérieux et mal payé.

A cela s'ajoute une nouvelle loi pour la prévention de la radicalisation violente et du développement du terrorisme domestique, en ce moment devant le Senat Américain mais adoptée par une écrasante majorité au parlement en octobre dernier. Elle condamne au même titre que le terrorisme toutes formes de dissidence politique et d'activisme qu'il soit alter-mondialiste, anarchiste, environnementaliste, religieux, et toute contestation envers la globalisation, le capital et les entreprises menaçant la vie sur la planète.

Et pour donner une idée dans le détail de la vie en prison, voici le rapport de la commission d'enquête de juin 2000 sur les conditions de détention dans les établissements pénitentiaires Français.
par dirtydiel le 09.03.08 publié dans : politique
Vendredi 7 mars 2008
Notre Prézygneur Chanoine de Latran se ramasse dans les sondages, mais Fillon récupère les déçus et voit sa cote de popularité gagner de l'altitude. Comprenez ça vous? Moi pas. C'est bien du premier ministre qu'il s'agit? Le gars chargé d'appliquer la politique et toutes les mauvaises idées du Seigneur sus-cité, ce me semble, non? Ou se cache la subtilité qui ferait la différence entre les deux hommes si ce n'est simplement le comportement?

Les Français choisiraient-ils et voteraient-ils uniquement en fonction de la tête du client? Pencheraient-ils pour l'un ou pour l'autre par goût ou dégoût des personnalités au lieu d'une affinité ou d'un désaccord avec les programmes proposés? Leur choix seraient donc déterminés sur des bases aussi tangentes et versatiles que le sont l'humeur et la couleur du slip de nos hommes et femmes politiques?

Les Français ne s'intéressent donc pas à la politique mais seulement à la dégaine, à la gueule, au chien de celui et celle sensés les représenter.

Mais alors, comment ce fait-ce qu'un tout récent sondage - un peu léger le sondage cela dit, puisque réalisé sur un échantillon de 601 personnes, soit une fiabilité tout à fait tirée par les cheveux quand il est admis que seul un panel d'au moins 1000 personnes peut être représentatif - donne Juppé gagnant aux municipales de Bordeaux dés le premier tour? Parce-que question réserve, timbre de voix velouté façon "what else" et humble gestuelle...


par dirtydiel le 07.03.08 publié dans : politique
Vendredi 7 mars 2008
Tenter de comprendre en quoi consiste le RSA est une tâche hardue qui nécessite de dépiauter un par un les aspects complexes et les conditions diverses liées aux droits auxquels peut prétendre chaque citoyen Français en situation précaire. C'est long mais il me semble nécessaire d'aller vraiment au fond des choses pour maîtriser le sujet et faire la part des choses entre la théorie et le concret. Commençons donc par le tout début.

Le Sarkozy-du-mois-de-mai nous promettait, entre autre augmentation du pouvoir d'achat et super plan Alzheimer, une baisse de 30% de la pauvreté, soit 2 millions de pauvres en moins à la fin de son mandat. Nous remarquions déjà que cela n'englobait pas la totalité du problème puisque selon l'Observatoire National de la Pauvreté et de l'Exclusion Sociale, il y aurait dans notre pays 7,13 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté Européen, soit avec moins de 817€ par mois et par personne. Mais peu importe, si on devait se baser sur les chiffres pour mener une politique, on démissionnerait au bout de dix mois, n'est-il pas?

Dés sa constitution, le gouvernement planche donc avec enthousiasme sur une loi "en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat". Et Martin Hirsh d'être embauché pour expérimenter son Revenu de Solidarité Active, dans les cartons depuis 2005.

Pourtant voilà bien une mesure en totale opposition avec les slogans Sarkoziens "du travailler toujours plus pour plus de plus", une loi qui porte mal son nom en tablant sur un possible résultat inverse aux objectifs souhaités et qui perdure dans la tradition des fonctionnements complexes et totalement opaques des minima-sociaux,

L'image “http://farm1.static.flickr.com/167/370159974_bc405d8996.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.Mais comment donc est-ce possible d'être à ce point bicéphale?

Alors qu'au départ tous les salariés pauvres devaient être concernés par le RSA, en 2008 cette mesure ne vise plus que les RMIstes et leur famille ainsi que les bénéficiaires de l'API, ce qui nous ramène à un panel estimé à 1.300.000 bénéficiaires dont environ 183.000 API, soit au total un peu moins de 19% des pauvres en France. Exit pour l'instant les autres minimas-sociaux, du moins jusqu'à cet été. Aprés quoi tous les publics devraient être inclus, ce qui suppose un coût pour un plan global de 6 à 8 milliards d'Euros par an. "Une économie" selon les calculs de l'Agence Nouvelle des Solidarités Actives qui part du principe que le RSA coûtera deux fois moins aux collectivités que le RMI, mais première contradiction puisqu'en 2006 le RMI a coûté 6 milliards aux Conseils Généraux.

Bon. Ensuite on parle de travail, d'emploi et de pouvoir d'achat, mais un détail saute d'emblée à mes yeux écarquillés: Qu'en est-il des retraités et des non-salariés pauvres? Pas de réponse. Hormis les formations bidons, les contrats d'un jour et le harcèlement moral mensuel trés efficace pour épurer les listes de demandeurs d'emploi, les vieux n'ont qu'à mourir, et le RSA s'occupe du reste.

Comment? C'est trés simple nous dit-on, le RSA est une mesure d'incitation à la reprise d'une activité salariée en proposant de cumuler  votre allocation minimum de survie avec un salaire et ce, argument principal annoncé comme une nouveauté, de manière permanente. Mais concrètement, n'est-il pas légèrement irréaliste de choisir une mesure aussi coûteuse à partir d'une idée reçue? Car contrairement à ce qui est sans cesse sous-entendu, les pauvres veulent travailler, s'ils ne le font pas déjà, et statistiquement 60% des RMIstes sont en recherche active d'un emploi. A cela le gouvernement retorque et évoque la perte d'avantages inhérente à toute reprise d'activité qui jusqu'ici aurait convaincu les chômeurs longue durée tels que les RMIstes à rester dans leur situation. Ah bon, mais quels sont donc ces "avantages"?

Un RMIste est en effet un privilégié. Il est d'abord automatiquement exonéré de la taxe d'habitation et de la redevance télé. Mais c'est pour ainsi dire tout, puisque les deux autres "avantages" qui suivent concernent tous ceux qui touchent un revenu en dessous d'un certain plafond, duquel font partie tous les bénéficiaires de minima-sociaux et les travailleurs gagnant l'équivalent. Ces "avantages" se résument en deux points, le droit au montant maximum d'aide au logement versé par la CAF et celui à la CMU proposée par la sécurité sociale, c'est à dire une couverture médicale à 100% et le tiers payant. Cependant, l'administration entretenant un obscurantisme récurrent quant aux avantages auxquels on peut prétendre, des informations manquent et aucun montant n'est précisé concernant ce plafond, variable selon la situation du foyer. Donc, si vous ne demandez pas, on ne vous donne rien. Par conséquent, 20% des RMIstes n'ont pas la CMU ignorant qu'ils peuvent en être bénéficiaires. Par contre, la totalité d'entre eux qui sont locataires et bénéficient évidemment d'une aide au logement, ou s'ils sont hébergés gratuitement, voient leur allocation automatiquement déduite d'une somme forfaitaire de 53 à 133€. Qu'on se le dise une bonne fois, car je m'aperçois dans les chiffres sur le site du Sénat que même eux n'y comprennent toujours rien: seuls les SDF ont droit à un RMI complet de 447€.

Bon, ça c'est fait.

Le détail des privilèges énnoncé, revenons sur leur perte hypothétique consécutive à un retour à l'emploi. En fait ce n'est pas si simple, cela dépend du contrat de travail et de son nombre d'heures hebdomadaires. Car il existe déjà la possibilité de cumuler ces minima-sociaux avec un travail durant une année, ou de toucher un complément si votre salaire est en-dessous du montant des sus-cités minima.

Comment? Est-ce possible?!? Oui Mesdames et Messieurs, on peut, qu'on ne le veuille ou pas, travailler pour moins que le minimum. Dans cette situation vous avez des droits, mais il faut différencier deux cas: le cumul et le complément. Le premier est total et dure trois mois, puis il est suivi d'un cumul partiel durant les neuf mois suivants. Le deuxième est un droit pour tous, inhérent aux montant des ressources quand elles sont inférieures au RMI et il n'est pas limité dans le temps.

Prenons un exemple mais limitons-nous au RMI car dans le détail, les droits de chaque allocation diffèrent: si je retravaille 9 heures par semaine et gagne le Smic horaire, soit 238€ par mois, je peux continuer à toucher durant les trois premiers mois l'intégralité de mon RMI (394+238 = 632€), puis la moitié de celui-ci les neuf mois suivant (total = 435€). Malheureusement, si mon contrat n'évolue pas vers un temps plein, à la fin de cette échéance c'est le retour à la case départ. Avec mes 238€, j'aurais toujours droit au RMI sous forme d'un complément, ainsi qu'à la CMU, au maximum d'aide au logement et aux éxonérations fiscales épluchées plus haut. D'où le manque évident d'intérêt de se remettre au boulot.

Martin Hirsh joue ainsi sur les mots et sur les caractères de durée, de cumul et de complément pour vanter l'intérêt du RSA. Or, à y regarder de plus prés dans les bilans des expérimentations menées par 40 départements en 2007, on découvre que le montant du RSA varie de 192 à 252€, mais qu'un barème ainsi qu'un taux de cumul est librement fixé par les Conseils Généraux. Autrement dit, selon où on habite, on touche un certain montant de RSA cumulé avec 60, 65 ou 70% seulement de son nouveau salaire .

Admettons qu'en gagnant seulement 238€ avec mes neuf heures par semaine j'ai droit au max annoncé c'est à dire 252€ de RSA, cela me ferait un revenu total de... tandaaaam: 490€!

Y'a pas, le RSA c'est vachement plus intéressant...

Pourquoi ne touche-t-on pas la totalité de son salaire si on retravaille? Qu'est-ce qui détermine le montant du RSA?  Y aurait-il un montant garanti prévu et à combien s'élève-t-il? Pourquoi ses variations selon les départements?

Je peux vous dire que je commence à ne plus rien comprendre au bidule, et je pense que l'on est nombreux à s'effarer du manque d'information claire sur le sujet. Par contre, c'est trés facile de voir où le gouvernement veut en venir si on retient que le RSA est destiné à terme à remplacer le Prime Pour l'Emploi. C'est tout à fait schyzophrène venant d'une loi sensée lutter contre la précarité et pourtant.

Trés concrètement, ce qui fait tout perdre lorsque l'on retravaille, c'est de décrocher un temps plein au Smic. Contre cela aucun plan n'est annoncé alors que le centre névralgique du problème se situe exactement en ce point. Mais, vous avez toujours droit à la PPE. Première mesure incitative, elle est versée individuellement dans son montant maximum à chaque Smic à temps plein quelque soit la composition du foyer. Beaucoup moins coûteux, le RSA lui est un droit familialisé prenant en compte tous les revenus du ménage. A un couple aux revenus inférieurs au Smic, on garantira plus d'avantages illimités dans le temps, soit la promesse vague d'un gain d'au moins 50% des salaires cumulés en recevant un RSA complet.

Ma foi c'est troublant, voilà que de travailler moins c'est bien plus que de travailler plus. Avec un temps plein les choses se compliquent effectivement trés vite, on devient imposable, soit un mois de salaire à mettre de côté chaque année, on perd ses droits d'aide au logement, donc débrouillez-vous pour payer un loyer avec un salaire de seulement 1005€, et comme on dépasse le plafond, on n'a plus droit à la CMU et à toute forme d'exonération de la taxe d'habitation.

Ah! me direz-vous, c'est bien joli tout ça! Seulement pour toucher le fameux plus du RSA, encore faut-il trouver un emploi? Oooh, le joli caillou que voilà dans la chaussure de Martin.

Et bien figurez-vous que cela a dû être pris en compte durant les expérimentations. Comble d'une mesure incitative à la reprise d'un travail, il a été nécessaire de mobiliser un supplément coûteux d'acteurs sociaux auprés des groupes de RMIstes inscrits au dispositif pour un renforcement de leur accompagnement pour l'emploi.

A l'heure actuelle, les expérimentations laissent encore pas mal de zones d'ombres permettant de douter de l'économie faîte grâce au RSA et de son efficacité pour diminuer la pauvreté. A tel point que des conséquences inverses sont précisement évoquées dans le Livret Vert (pdf) édité par Hirsch lui-même, ce qui laisse sous-entendre la direction sciemment prise par le gouvernement et totalement contraire aux objectifs du départ. Notamment l'effet pervert de cette mesure qui offre une aubaine aux employeurs de multiplier les contrats précaires, entraînant une dégradation supplémenatire de la qualité de l'emploi et l'augmentation de temps partiel subi. Mais on peut également craindre un retrait des femmes du marché du travail selon les observations faîtes à la suite d'une mesure équivalente aux Etats Unis, The Earned Income Tax Credit. Elles pourraient en effet être au contraire incitées à réduire leur temps de travail, voire à cesser leur activité. Car si dans un couple au chômage, le retour à l'emploi de l'un des deux pourrait améliorer leurs revenus, pour la deuxième personne qui souvent est la femme, l'intérêt est moindre au regard du coût induit par la reprise d'une activité, c'est à dire le transport, la cantine, mais surtout les frais de garde des enfants.

Au final, avec les éléments rassemblés aujourd'hui, l'application du RSA nous fait raisonnablement craindre une augmentation des travailleurs pauvres, une baisse significative du nombre d'heures travaillées dans notre pays et consécutivement un surcoût pour l'Etat.

http://farm1.static.flickr.com/143/327551814_d223aac872.jpg/

Sources:
Portail du Gouvernement
Les internautes polémiquent sur le RSA
Le RSA peut-il faire reculer la pauvreté?
Rapport de la DREES sur l'insertion des RMIstes

Photos Escheresque
de HamburgerJungerundefined
par dirtydiel le 07.03.08 publié dans : sociologique
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